lundi 28 décembre 2020

Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n'en as qu'une

 

Présentation de l'éditeur

Camille, femme active, mariée et mère de famille a tout, semble-t-il, pour être heureuse. Pourtant, elle se sent coincée dans cette routine qu'est devenue sa vie... Ce qu'elle voudrait, c'est retrouver le chemin de la joie et de l'épanouissement.

Un soir, suite à un accident de voiture, elle fait la connaissance de Claude, routinologue. Cette lumineuse rencontre va bouleverser sa vie et celle de sa famille.

Le succès littéraire de Raphaëlle Giordano enfin adapté en bande dessinée ! Un roman graphique qui fait un bien fou au moral ! 

Mon avis

Camille a tout pour être heureuse comme on dit, elle ne semble pas avoir de raison de se plaindre, et pourtant, ça ne va pas.

Une panne de voiture et elle craque. C'est là qu'elle rencontre Claude qui essaie de lui remonter le moral.

Une histoire cousue de fils blancs ? Oui, un peu, mais pas ceux que l'on imagine au départ. Camille, coachée par Claude va reprendre sa vie en main et influencer en positif celle de ses proches. Et oui, un roman graphique "feel good" très agréable à la lecture et avec une chute surprise.

Pendant toute l'histoire, si on se demande d'abord où l'auteur veut en venir, on finit par se reconnaitre dans la succession des états d'âme de Camille et on est content de voir ses succès et son évolution.

C'est donc un roman graphique inspiré du roman de Raphaëlle Giordano, les dessins sont très sympas, vu le sujet il y a pas mal de textes qui sont indispensables mais ne fluidifient pas vraiment la lecture. Je ne connais pas suffisamment le monde du roman graphique, je ne m'étendrai donc pas sur les qualité ou les défauts liés à ce genre mais j'ai trouvé que c'était un excellent support pour ceux qui n'aiment pas lire pour découvrir le domaine du développement personnel. Et puis les personnages sont attachants et on est content de leur succès. Bref, j'ai bien aimé malgré les réticences que j'ai pu avoir au début.

 

dimanche 29 janvier 2017

La vie rêvée de Virginia Fly - Angela Huth

Présentation de l'éditeur :


Souvent, debout face à ses élèves ou allongée sur son lit, Virginia Fly a la vision merveilleuse d’une main d’homme caressant son corps, déclenchant un frisson le long de son épine dorsale. Que ferait-elle si un inconnu apparaissait à la fenêtre, pénétrait dans la pièce et la séduisait? Car à trente et un ans, Virginia, toujours vierge, vit sagement chez ses parents, dans la banlieue de Londres. Il y a bien son ami Hans, un professeur mélomane, mais ce n’est pas lui qui assouvira ses fantasmes. Non, celui qu’elle attend, c’est Charlie, son correspondant américain, dont la visite s’annonce enfin après douze années d’échanges épistolaires. Seulement cette arrivée coïncide aussi avec la diffusion d’un reportage télévisé sur Virginia, qui se prend à rêver que, parmi les opportunités tout à coup florissantes, il en est une – peut-être le charmant Ulick Brand ? – qui saura combler ses attentes.
La Vie rêvée de Virginia Fly est un roman finement observé, à la fois tendre, un peu cruel et d’un humour malicieux. Écrit en 1972, il est étonnant de modernité.

Mon avis :

Virginia Fly n'est pas une Vénus de Panurge*, c'est juste une femme  qui, arrivée à la trentaine, n'a pas encore été séduite. On ne peut pas dire qu'elle ait souhaité rester vierge  mais elle n'a pas une vie sociale très développée, correspond depuis douze ans avec un américain de son âge dont elle ferait volontiers son mari et va de temps en temps au concert avec le professeur, un homme plus âgé qu'elle.  Nous la rencontrons au moment ou le changement arrive pour elle, son correspondant vient enfin en Angleterre et les espoirs de changement s'ouvrent pour Virginia, mais la route sera difficile. Tout au long du roman, on découvrira son caractère, sa capacité à un humour souvent  caustique envers  le milieu dans lequel elle évolue et les évènements qui la touche, une autodérision aussi et puis un grand manque de confiance en elle.
Angela Huth a ciselé ce roman en 1972, c'est son second roman publié sous le titre original "Virginia Fly is drowning" il vient tout juste d'être traduit et publié en France. Elle dépeint à merveille la solitude de Virginia avec beaucoup de tendresse, ce qui n'empêche pas un regard extrêmement caustique et souvent réjouissant sur son entourage et les gens qu'elle rencontre. Une fois embarqué dans l'histoire, ce qui se produit dès les premières pages,  il est bien difficile de s'arrêter, on a vraiment envie de connaitre l'évolution de notre héroïne et à quel moment ses déboires vont enfin s'arrêter.
Une très belle écriture pour un excellent roman.

 * Vénus de Panurge : Georges Brassens, Chansonnette à celle qui reste pucelle.

La femme au carnet rouge - Antoine Laurain

Présentation de l'éditeur :


Un matin à Paris, alors qu'il ouvre sa librairie, Laurent Letellier découvre dans la rue un sac à main abandonné.

Curieux, il en fait l'inventaire et découvre, faute de papiers d'identité, une foule d'objets personnels : photos, parfum... et un carnet rouge rempli de notes. Désireux de retrouver la propriétaire du sac, Laurent s'improvise détective. À mesure qu'il déchiffre les pages du carnet contenant les pensées intimes de l'inconnue, le jeu de piste se mue progressivement en une quête amoureuse qui va chambouler leurs vies.



Mon avis :

Un sac volé, sa propriétaire, Laure, dans le coma, un libraire, Laurent,  qui trouve le sac, essaie de l'emmener au commissariat mais n'a pas le temps d'attendre qu'on le reçoive et voilà posées les bases d'un joli conte de fée. Oui, ça ne commence pas très bien, je vous l'accorde, mais dans ce sac se trouvent un grand nombre de petites choses qui vont entrainer Laurent dans une enquête pour en retrouver la propriétaire, un coup de main lui sera donné par sa fille une lycéenne qui n'a pas froid aux yeux et tout finira très bien. Mais n'oublions pas les autres personnages principaux, d'abord le sac à main, un résumé de la vie de sa propriétaire, cliché ? Je vous l'accorde. Et puis enfin Laure qui finira par se réveiller et devra à son tour mener l'enquête.

Un rythme enlevé, une écriture pleine de clins d'œil littéraires, une histoire qui finit bien, oui, un conte moderne qui se dévore en une fin d'après midi. Vous avez deviné, j'ai beaucoup aimé. Un roman pétillant à déguster entre deux lectures plus sérieuses.


vendredi 20 janvier 2017

D'acier - Silvia Avallone

Présentation de l'éditeur :


Anna et Francesca ont treize ans, presque quatorze. C’est l’été à Piombino, ville désolée de Toscane bien loin de l’image de carte postale que l’on peut s’en faire quand on n’est pas d’ici. Chez elles, pas de vignes et Florence et son art sont bien loin. Leur quotidien : des barres d’immeubles insalubres et surtout l’aciérie, personnage monstrueux qui engloutit jour et nuit tous les hommes du coin.

Les hommes, ils ne sont pas à l’honneur dans le roman de Silvia Avallone. Le père d’Anna est un fantôme, un voyou du dimanche qui réapparait quand ça lui chante. Celui de Francesca nous est présenté dès les premières lignes, puissantes, comme un homme qui épie sa fille aux jumelles pendant qu’elle joue sur la plage, obsédé par ce corps qui se transforme, irrémédiablement, malgré les coups qu’il lui porte, ce géant sans cervelle.

Mais Anna et Francesca, les reines de la cité, éclaboussent toute cette laideur de leur jeunesse insolente. Treize ans et demi mais déjà starlettes, elles jouent de cette aura qu’elles savent par instinct éphémère, avant que la réalité des autres ne les rattrapent. En attendant, elles rêvent. D’être écrivain ou femme politique pour l’une, de passer à la télé de Berlusconi pour l’autre, ou simplement d’aller ensemble, pour la première fois à l’île d’Elbe, inaccessible et pourtant à quelques brasses de leur cité plombée.

Autour d’elles, il y a aussi le grand-frère d’Anna, Alessio, Apollon échoué au royaume d’Hadès, amoureux abandonné, déjà usé à vingt ans par des années passées au haut fourneau, à faire couler l’acier et à se défoncer pendant les pauses. Sandra, leur mère, la militante d’extrême gauche, qui assure et qui se maudit d’aimer malgré tout son vaurien de mari. Rosa, enfin, la mère de Francesca, la petite calabraise arrachée à son village par Enrico, cet homme fruste qui les enferme dans sa folie et qu’elle ne quitte pas. Pour aller où ? C’est trop tard semblent-ils tous penser. Les parents, les vieux, les grands-frères, résignés, lassés, tous. Pas Anna et Francesca, pas si elles sont deux, toujours.

"D’acier" est un roman physique, qui vous happe dès la première page, pour vous relâcher, quatre cents pages plus tard, un peu sonné, avec le sentiment d’être face à un futur grand écrivain qui, à tout juste vingt cinq ans, fait preuve d’un sens de la narration assez exceptionnel et d’une capacité à saisir l’essence de l’adolescence, ces amitiés fusionnelles qui nous construisent et cette obsession de la beauté, cette fascination régressive qu’elle peut susciter chez ceux qui n’en sont plus.

D’acier pourrait n’être qu’un portrait social sombre d’une Italie de banlieue, de laissés pour compte sans envergure, pauvres humains tentant de se dépêtrer d’un monde qu’ils n’ont pas vu venir. Il est bien plus que cela. L’acier est constitué d’au moins deux éléments. D’acier aussi : d’une réalité désespérante et d’une petite poésie qui s’élève malgré tout, et l’ensemble, ça donne un sacré bon roman.

Mon avis : 

Une cité pauvre au bord de la mer face à l'ile d'Elbe, deux adolescentes qui passent trop vite dans le monde des adultes, leurs familles pas toujours simple, leurs amis  et puis l'usine où on produit l'acier, personnage à part entière. Cela fait un roman haletant qui nous emmène  dès les premières pages, des personnages pas toujours sympathiques mais que l'auteur nous rend attachants malgré tout, c'est deux années de la vie d'Anna et Francesca et de ceux qui  les entourent qui nous est contée, c'est l'adolescence et ses troubles, c'est l'amitié, l'amour, les colères, les drames dont on est témoin dans un tourbillon qui ne nous lâche qu'à la toute dernière page.

L'écriture est dense, fluide, très agréable à lire, parfois avec un coté cinématographique, Silvia Avallone nous embarque dans son roman et il est bien difficile de s'arrêter.

Et au fond du paysage, comme un rêve permanent, l'ile d'Elbe, Anna et Francesca finiront-elles par y aller, ensemble ?

mercredi 1 juillet 2015

La vie rêvée des autres - Agnès Bihl

Présentation de l'éditeur :

Mado, jolie pépette de soixante-dix-sept ans, est en maison de retraite. Seulement voilà, elle a le méchant sentiment de vivre en marge de la vie, cloisonnée entre les murs de cet asile de vieux. Delphine et Magali, ses petites-filles, veillent au grain mais ses copains de toujours, Jacky et Ferdinand, organisent un plan pour la faire évader...



Mon avis :


Madeleine, Jacky et Ferdinand sont des amis de longue date, ils ont ou approchent les quatre-vingt ans. Delphine et Magali sont les petites filles de Madeleine. Si Magali semble croquer la vie à belle dent, sa sœur et nos trois anciens ont bien des difficultés tant avec le passé qu'avec le présent. Le jour ou Madeleine se retrouve en maison de retraite, ses copains ne le supportent pas et cela entraine toute une aventure qui nous mènera, nous les lecteurs sans cesse du rire aux larmes, et tous les personnages vers de grands changements dans leur vie. Orfèvre dans la construction du texte, Agnès Bihl sait trouver les petits ressorts qui donnent le sourire au milieu de l'émotion. Un très beau roman d'amour plein d'émotion et d'éclats de rire. Un livre que j'ai lu d'une traite, pas moyen de prendre le temps, les péripéties s'enchainent et oblige à continuer. Un texte absolument magnifique dont j'espère qu'il sera suivi de nombreux autres. 

Quelques extraits :

Mes amis m'appellent Jacky. Mais vous pouvez m'appeler monsieur. Au revoir madame, je crois qu'on s'est tout dit. pas la peine d'insister. je vais payer la note et vomir au plus tôt le verre que j'ai bu avec vous. Je ne vous salue pas.

Arrivée au salon de coiffure, Madeleine était atterrée. Mais pourquoi ce type-là coiffe-t-il les vieilles dames comme si c'étaient des punks ? Les cheveux en choucroute jaune citron, mauves ou bleus, très peu pour elle. Merci. Surtout ne pas moisir ici..oups. Trop tard.
- Alors, la petite dame, elle veut se faire toute belle aujourd'hui ?
- Jeune homme, sachez de prime abord que je m'appelle madame et qu'en outre je me laisse tutoyer seulement par mes amants. Me feriez-vous des avances par hasard ?
- OK. Reçu cinq sur cinq, le message est passé. Comment voulez-vous que je vous coiffe Madame ?
- En silence.  


Madeleine avait des envies de meurtre à chaque fois qu'elle croisait ce type, elle n'avait jamais pu s'habituer à ce genre de fumier. C'est dingue. Son Christ est juif, ses chiffres sont arabes et son berger allemand, mais Connard trouvait le moyen d'être raciste quand même.

Même quand on nage dans le bonheur, c'est toujours plus prudent de rester là où on a pied.

Pas futé, ton bonhomme.
- C'est même le roi des cons. Ne le sous-estime pas.
- Et sexuellement il est comment ?
- Parfait pour chronométrer la cuisson des pâtes.


- Bonjour mamie, on a bien dormi cette nuit ? Et voilà. À peine un mois qu'elle vivotait ici, elle était déjà devenue "on". Pourtant c'était son corps qui était diminué ; certainement pas sa dignité.
- Alors on a fait caca dur ou caca mou, ce matin ? On a peut-être faim ? Allez faut se forcer, c'est bon pour la santé. Ha la la quel temps de chien ! C'est trop bête. Hier il faisait beau et maintenant voilà qu'il pleut... c'est fou, non ?


Personnellement, Furoncle s'en tamponnait le scrotum de savoir si un jour la planète allait exploser. Dans ses plus grands moments d'introspection philosophique, il pouvait à la rigueur se demander si à moyen terme le réchauffement climatique ne risquait pas d'avoir des conséquences  funestes sur les pizzas quatre saisons, mais ça n'allait jamais plus loin.



dimanche 3 mai 2015

Oups... j'ai fait tomber le mont Granier - David Gautier

Présentation de l'éditeur :


C'est la plus grosse catastrophe naturelle de toute l'histoire des Pays de Savoie, un terrible éboulement aux conséquences épouvantables... Pourtant, quand on découvre l'histoire qui se cache derrière cet événement dramatique, hé bien on n'a pas vraiment les poils (de chèvres) qui se hérissent. On aurait même plutôt tendance à sourire... et tout ça à cause de Ninon, la petite bergère. 



Mon avis :

Faut-il des explications à toute catastrophe ? A l'attention des enfants, David Gautier en offre une à propos de l'éboulement du Mont Granier en 1248, il y mêle une petite fable écologique et dédramatise les conséquences pour les gens ensevelis ajoutant une explication à l'apparition des vins de Savoie.
S'ajoute à la fin de l'album deux pages documentaires sur la région. Le sujet est traité de façon légère et peu dramatique, un vocabulaire simple mais assez riche, des illustrations joliment colorées   et une morale qui fait bien rire les enfants. Un petit album sans prétention, très agréable à raconter, instructif et plein de fantaisie. Les enfants sauront faire la part des choses entre le réel et l'imaginaire rassurant.

vendredi 27 mars 2015

Où on va papa ? - Jean Louis Fournier

Présentation de l'éditeur :

"Cher Mathieu, cher Thomas,
Quand vous étiez petits, j'ai eu quelquefois la tentation, à Noël, de vous offrir un livre, un Tintin par exemple. On aurait pu en parler ensemble après. Je connais bien Tintin, je les ai lus tous plusieurs fois.
Je ne l'ai jamais fait. Ce n'était pas la peine, vous ne saviez pas lire. Vous ne saurez jamais lire. Jusqu'à la fin, vos cadeaux de Noël seront des cubes ou des petites voitures... "
Jusqu'à ce jour, je n'ai jamais parlé de mes deux garçons. Pourquoi ? J'avais honte ? Peur qu'on me plaigne?
Tout cela un peu mélangé. Je crois, surtout, que c'était pour échapper à la question terrible : "Qu'est-ce qu'ils font?"
Aujourd'hui que le temps presse, que la fin du monde est proche et que je suis de plus en plus biodégradable, j'ai décidé de leur écrire un livre.
Pour qu'on ne les oublie pas, qu'il ne reste pas d'eux seulement une photo sur une carte d'invalidité. Peut-être pour dire mes remords. Je n'ai pas été un très bon père. Souvent, je ne les supportais pas. Avec eux, il fallait une patience d'ange, et je ne suis pas un ange.
Quand on parle des enfants handicapés, on prend un air de circonstance, comme quand on parle d'une catastrophe. Pour une fois, je voudrais essayer de parler d'eux avec le sourire. Ils m'ont fait rire avec leurs bêtises, et pas toujours involontairement.
Grâce à eux, j'ai eu des avantages sur les parents d'enfants normaux. Je n'ai pas eu de soucis avec leurs études ni leur orientation professionnelle. Nous n'avons pas eu à hésiter entre filière scientifique et filière littéraire. Pas eu à nous inquiéter de savoir ce qu'ils feraient plus tard, on a su rapidement ce que ce serait: rien.
Et surtout, pendant de nombreuses années, j'ai bénéficié d'une vignette automobile gratuite. Grâce à eux, j'ai pu rouler dans des grosses voitures américaines.

Jean-Louis Fournier

Mon Avis :
 
Voilà un livre un peu dérangeant, iconoclaste il raconte sur un ton sarcastique le vécu du père de deux garçons handicapés, comment il a eu envie de réagir aux  images toutes faites portées par la société. Les parents d'enfants handicapés sont des parents comme les autres, et ne sont pas tous des héros, ils font comme ils peuvent et continuent à vivre. 
Ce témoignage de Jean Louis Fournier met avec un certain cynisme les pieds dans le plat en disant ce qu'il ressent.
On est bien sur dans l'humour noir, il y a beaucoup d'autodérision dans ce livre mais surtout beaucoup d'amour pour ces garçons pas comme les autres.
 Un livre court, prenant, que j'ai lu d'une traite.
 
Ce livre a créé une polémique lors de sa sortie, quelques précisions aux questions posées lors de cette période sont données sur  le blog de la maman des enfants.

Quelques extraits :

Quand un enfant se barbouille en mangeant de la crème au chocolat, tout le monde rit ; si c'est un enfant handicapé, on ne rit pas. Celui-là, il ne fera jamais rire personne, il ne verra jamais des visages qui rient en le regardant, ou alors quelques rires d'imbéciles qui se moquent.

Avec mes enfants, on ne craint jamais de se répéter, ils oublient tout. Avec eux, jamais de lassitude, ni d’habitude, ni d’ennui. Rien ne se démode, tout est nouveau.

Je ne comprends toujours pas pourquoi on félicite et récompense ceux qui ont des beaux enfants, comme si c’était leur faute. Pourquoi, alors, ne pas punir et mettre des amendes à ceux qui ont des enfants handicapés ?

L' humour, c'est comme les essuie glaces, ça n'arrête pas la pluie, mais ça permet d'avancer.

Que ceux qui n'ont jamais eu peur d'avoir un enfant anormal lèvent la main.Personne n'a levé la main.Tout le monde y pense, comme on pense à un tremblement de terre, comme on pense à la fin du monde, quelque chose qui n'arrive qu'une fois.
J'ai eu deux fins de monde.

lundi 2 mars 2015

Rimbaldiennes - Jacques Demarcq

Présentation de l'éditeur :


A partir de lieux ou d'épisodes de la vie du poète, une redécouverte des écrits de Rimbaud loin du mythe qui fausse la portée de ses textes et écrase sa création littéraire. L'auteur ne commente pas mais fait revivre les mots sous d'autres habits. 

Mon avis : 



Jacques Demarcq nous emmène dans une promenade aux cotés de Rimbaud ; il s'est approprié les textes s'en est nourri pour en ressortir de nouveaux, des histoires, toujours très poétiques, en vers ou en prose. Il nous entraine dans l'imaginaire que lui a inspiré Rimbaud. Je pensais connaitre assez bien Rimbaud, mais ce livre m'a ouvert la lecture et après une première lecture je me suis replongé dans les textes originaux et puis dans quelques livres sur sa vie.

Ce qui est remarquable avec ce livre c'est que Jacques Demarcq nous emmène dans l'esprit du poète, il y a très peu de références faciles, mais tout est inspiré par son œuvre. Ceci dit, on est dans une création originale, connaitre Rimbaud n'est absolument pas indispensable quand on lit ce recueil. Un très joli livre que j'ai été heureux d'ajouter à la section poésie de ma bibliothèque.


jeudi 18 décembre 2014

Nexus - Ramez Naam

Présentation de l'éditeur :


L'an 2040. Nexus est une nouvelle nano-molécule capable de relier les cerveaux entre eux. Alors que certains veulent l'exploiter, d'autres cherchent à l'anéantir. Kade, un jeune étudiant biologiste, voit dans cette drogue de nouvelles possibilités de communication et un immense progrès pour la société. À l'aide d'une poignée d'amis, il parvient à l'améliorer afin qu'il ne soit plus nécessaire de la consommer régulièrement pour en ressentir les effets. Mais les agences gouvernementales sont à leurs trousses… Sam, une espionne travaillant pour le compte de l'ERD (Emerging Risks Directory), les contraint à coopérer : Kade doit servir d'appât en intégrant l'équipe de Su-Yong Shu, une célèbre et géniale scientifique chinoise soupçonnée par l'ERD de travailler sur une technique lui permettant d'asservir les gens contre leur volonté. Dans un monde où se mêlent scientifiques chinois, moines bouddhistes et agents de la CIA, le jeune homme ne tardera pas à s'apercevoir que les enjeux sont bien plus importants qu'un simple trafic de stupéfiants… 

Mon avis : 

2040, un groupe d'étudiants améliore et teste une nanomolécule, pensant qu'elle peut faire progresser l'humanité. Les autorités ne sont pas du même avis et la considèrent comme une drogue. Une aventure pleine de rebondissements va en découler.
On retrouve dans ce livre beaucoup des thèmes de la contreculture qui s'est développée aux États Unis après la seconde guerre mondiale et a conduit à l'invention de l'ordinateur personnel et d'internet (thèmes développés dans le livre de Fred Turner : "Aux sources de l'utopie numérique : de la contre culture à la cyberculture"). Drogues, technologies nouvelles, mouvements de jeunes. On y trouve aussi les thèses du transhumanisme chères à certains dirigeants actuels d'entreprises de technologies de pointe.
Le déroulement du récit est trépidant et on a aucune envie de lâcher le récit. C'est un livre de science fiction, mais qui se base sur une bonne part de découvertes déjà existantes.
Des questions éthiques sont évoquées, par exemple celle du choix entre les risques et les bienfaits d'une nouvelle technologie, l'usage de masse permettra-t-il suffisamment de progrès pour contrebalancer les inévitables dérives ? Une question qui est parfaitement d'actualité aujourd'hui.
Autre question d'une actualité brulante, jusqu’où peuvent aller les états  dans la surveillance des populations  et sous quels motifs ?
Quels risques font courir à la liberté des organismes de contrôle eux-mêmes hors d'un véritable contrôle citoyen ?
Mais que l'on ne s'y trompe pas, si sur le fond les thèmes abordés sont très sérieux, ce livre est d'abord une aventure qui emmène le lecteur de péripéties en rebondissements pour son plus grand plaisir. Très bien écrit sans lourdeur ni longueur.  Je résume : j'ai adoré !

samedi 18 octobre 2014

De ma jungle affecTUEUSEment - François Boucher

Présentation de l'éditeur :


Après la mort de sa collègue Antoinette qui a essayé d’ouvrir une lettre empoisonnée provenant de Hong Kong (« Curiosity killed the cat », comme disent les Anglais…), l'héroïque concierge Léonie Burot, bien embêtée car en partie responsable, tente de percer le mystère avant que l'inspecteur Fleurus et ses gros sabots ne l'impliquent trop... Une locomotive, un louche individu surgi du lointain passé d’une lointaine colonie, et quelques mystérieux Chinois ne font que compliquer l’affaire…

Un polar historique entre le Paris des années 50 et la trop méconnue colonie de Kwang-Tcheou-Wan avant-guerre (Fort-Bayard, aujourd’hui la grande ville de Zhanjiang dans la province du Guangdong). Entre Miss Marple pour l'ambiance…et Claude Farrère pour l'exotisme !

Mon avis : 

Un polar teinté d'histoire, dès la couverture on est dans l'ambiance. L'histoire se déroule  sur deux époques et deux lieux ; une ancienne colonie française quelque part en Chine juste avant et pendant la dernière guerre mondiale et puis à Paris dans les années 50. Elle met en scène deux cheminots partis chercher fortune dans les colonies en 1936 et, dans les années 50, Léonie, concierge dans les beaux quartiers et qui compte bien comprendre pourquoi elle se retrouve impliquée dans des évènements bien mystérieux qui semblent prendre leur source bien loin de sa loge.

On fait un saut dans le temps à chaque chapitre et l'histoire évolue sans laisser le temps au lecteur de souffler pour son plus grand plaisir.

L'intrique est ingénieuse, le style léger et plein d'humour. Au passage on fait une petite incursion dans une période de l'histoire assez peu connue. Bref, un livre que j'ai lu d'une seule traite et que j'ai beaucoup apprécié.


mercredi 20 août 2014

Demain la veille ou la joie d'avoir vécu - Jacques Olivier Durand


Présentation de l'éditeur :


Avec plus que quelques mois à vivre, le narrateur pourrait profiter des derniers plaisirs de la vie. Mais au lieu de se cogner au présent, il va profiter du temps qu'il lui reste pour adresser les remerciements qu'il n'a jamais exprimé.  




 Mon avis : 
  
La première question que je me suis posé en commençant le livre c'est s'il allait falloir sortir les mouchoirs. En fait, il y a de beaux moments d'émotion, le début en particulier, mais aussi tout au long du récit,  émotion que chacun ressentira probablement plus ou moins intensément selon sa propre expérience. Le narrateur nous donne de très jolies leçons de vie au travers des remerciements qu'il exprime, les rencontres avec de belles personnes , les souvenirs de lieux qui ont marqué sa vie, la chanson, le théâtre et bien sur ses proches, famille et amis.

Sans doute ai-je été particulièrement sensible à ce récit étant d'une génération proche de celle du narrateur avec beaucoup de références  culturelles communes, mais avant tout c'est l'idée de ce retour positif sur le passé qui m'a beaucoup touché.

Le style est clair, simple, agréable. Un très beau livre. 

 Extraits :

La lune, me répond doucement Léa, c’est la façon dont on la regarde qui la fait ou non briller ; elle ne peut être qu’une pâle virgule dans un ciel voilé ou devenir un astre brillant, objet de rêves mystérieux.

 Personne ne peut mesurer l’importance que prit ce non sans justification profonde, sans préparation véritable, sans avenir calculé, moi qui justement n’ai jamais su dire non. En le prononçant, j’ai pour la première fois eu le sentiment d’être complètement maître de ma liberté, d’être enfin (bien que la formule soit un peu pompeuse) l’auteur de ma vie. Pour la première fois.

 Tous m’ont appris que l’acte d’écrire ne se justifie que s’il est vital ; s’il permet de vivre ou de survivre, comme dans le sublime et bouleversant L’Autre et l’Écrivain de l’Uruguayen Carlos Liscano qui a rencontré l’écriture dans la solitude des prisons, jusqu’à se faire dévorer par elle, aux sens propre et figuré, pour conclure que l’écrivain qu’il est, est peut-être bien une invention. Je voudrais tant croire aujourd’hui que lire aussi aide à survivre.

Comme je partage votre point de vue ! Les livres sont une armée d’occupants. Ils commencent par s’approprier une partie de votre territoire (souvent votre bureau) puis s’infiltrent peu à peu, dans les autres pièces, une par une. Insidieusement. Ils grimpent aux murs, repoussent les plafonds, rampent sur les sols où rien ne peut les repousser ; se glissent dans les espaces les plus étroits. Parfois, prétextant un coup de main, ils s’érigent en pied de table ou en tabouret.

 Je vous invite donc à la plus extrême vigilance. Car pour notre grand malheur, croyez-moi cher Monsieur, les livres, à notre insu, se reproduisent. Je n’ai certes jamais assisté à une copulation (cela doit se faire in vitro !) mais je crois mes soupçons fondés : ne voit-on pas apparaître en format de poche des ouvrages qui ressemblent trait pour trait à leurs parents ?

Je ne compte plus les spectacles qu’elle m’a permis de découvrir, les émotions qu’elle m’a fait partager, les moments de joie ou de tristesse qui ont bousculé ma propre pensée. Être ému jusqu’à penser autrement, c’est cela qu’on demande aux œuvres d’art.

mardi 8 juillet 2014

Médecin de campagne - Charles Lanot

Présentation de l'éditeur :


Pour soigner les gens, il faut être poète. En vieillissant, le médecin Charles Lanot est devenu conteur. « Il était là, telle chose lui advint »
Parcourant la campagne normande pour visiter ses patients, il cerne les pans de vie simples et cependant insensés et romanesques de ses malades ; il raconte les rencontres extraordinaires et les situations cocasses. Alors que la médecine n’est plus qu’une affaire de spécialistes, c’est pour que son expérience de médecin de campagne ne tombe pas dans l’oubli qu’il publie ses souvenirs. Ils ne constituent pas seulement le requiem d’une médecine désormais disparue, mais aussi un témoignage historique sur toute cette moitié du XXème siècle.
« En ce temps-là, il n’y avait que les valets de chambre et les médecins de campagne qui étaient tenus de répondre, par tous les temps et à tout moment, dès qu’on les sonnait. »

Mon avis :

Médecin de campagne à la retraite, Charles Lanot, nous livre de belles histoires pleines de poésie et d'humanité. Des personnages attachants dans leur vie de tous les jours, dans le bonheur ou le malheur. Pas de voyeurisme, beaucoup de tendresse, un peu d'autodérision, un livre qui se lit d'une traite.
L'écriture est toute simple et pleine de références littéraires , un très beau livre plein d'espoir.

jeudi 15 mai 2014

Le liseur du 06h27 - Jean-Paul Didierlaurent

Présentation de l'éditeur :


Guylain Vignolles est préposé au pilon et mène une existence maussade et solitaire, rythmée par ses allers-retours quotidiens à l’usine. Chaque matin en allant travailler, comme pour se laver des livres broyés, il lit à voix haute dans le RER de 6H27 les quelques feuillets qu’il a sauvé la veille des dents de fer de la Zerstor 500, le mastodonte mécanique dont il est le servant.
Un jour, Guylain découvre les textes d’une mystérieuse inconnue qui vont changer le cours de sa vie…



Mon avis :

Un employé solitaire, un vieil ami cul de jatte, un gardien qui manie l'alexandrin, une dame pipi, toute une maison de retraite, et puis, les livres, la lecture, l'écriture. Vous mélangez tout ça et il en sort un conte très original qui se dévore d'une traite. Jean-Paul Didierlaurent nous emmène dans un monde original et sensible  pour une histoire très agréable à lire. Le style est clair, léger, on se sent bien dans l'histoire, réaliste, pas réaliste, je ne sais pas décider, j'ai envie que ce soit réel, mais comment prendrait on quelqu'un qui chaque matin fait la lecture à haute voix dans le train ? Après lecture de ce livre, je dirais bien, mais est ce bien sur dans la vraie vie ? Bref, un conte, une histoire d'amour … à vous de découvrir. J'ai adoré.

Extraits :

Peu importait le fond pour Guylain. Seul l’acte de lire revêtait de l’importance à ses yeux. Il débitait les textes avec une même application acharnée. Et à chaque fois, la magie opérait. Les mots en quittant ses lèvres emportaient avec eux un peu de cet écœurement qui l’étouffait à l’approche de l’usine. 

"C'est droit comme une épée, un alexandrin, lui avait un jour expliqué Yvon, c'est né pour toucher au but, à condition de bien le servir. Ne pas le délivrer comme de la vulgaire prose. Ça se débite debout. Allonger la colonne d'air pour donner du souffle aux mots. Il faut l'égrener de ses syllabes avec passion et flamboyance, le déclamer comme on fait l'amour, à grands coups d'hémistiches, au rythme de la césure. Ça vous pose un comédien, l'alexandrin. Et pas de place pour l'improvisation. On ne peut pas tricher avec un vers de douze pieds, petit." 

 On attend d'une dame-pipi qu'elle nettoie, pas qu'elle écrive. Les gens peuvent concevoir que je fasse des mots flèchés, des mots croisés, des mots mêlés, des mots cachés, des mots enfermés dans toutes sortes de grilles. Ces mêmes gens peuvent également admettre que je lise à mes heures perdues des romans-photos, des hebdos féminins, des magazines télé, mais que je pianote de mes doigts abîmés par l'eau de Javel sur le clavier d'un ordinateur portable pour y coucher mes pensées, ça, ça leur interpelle l'entendement. Pire, ça porte à suspicion. Il y a comme un malentendu, une erreur de casting. 





lundi 31 mars 2014

L'été solitaire - Elizabeth Von Arnim

Présentation de l'éditeur :


Début mai, Elizabeth annonce à son mari son intention de rester seule durant l'été "afin de retrouver les racines mêmes de la vie".
Les mois passent et Elizabeth se prélasse dans le calme et la pureté de son jardin, respirant les bonnes odeurs, se délectant de la lecture de ses auteurs fétiches.
Ce roman vous fait ressentir les joies de la nature, les couleurs et les saveurs d'un été passé au jardin.
Dans la vraie vie, Elizabeth est mariée à un aristocrate prussien rencontré en Italie et s'installe avec lui à Berlin. Cinq ans plus tard, le couple emménage à la campagne où la comtesse se découvre une vraie passion pour la vie rurale et le jardin.
Ce roman est la suite de son célèbre roman "Elizabeth et son jardin Allemand"

Mon avis :

Délicieusement désuet,  ce petit roman nous emmène dans le quotidien d'une anglaise mariée à un aristocrate allemand au tout début du 20ème siècle. Cet été solitaire, pour elle, ce n'est pas  se retrouver réellement seule à la campagne, c'est arrêter la vie mondaine et profiter de ses livres et de son jardin. Mode de vie d'une autre époque et d'un milieu qui n'existe plus guère, ce livre est une merveille de délicatesse, décrivant avec  une grande justesse le temps qui s'écoule, les plaisirs de la lecture mêlés à ceux du jardin que l'on essaie de (faire) mettre en forme, qui change selon la lumière, le temps qu'il fait, tout comme l'humeur d’Elizabeth.
Une écriture simple, qui coule, et nous tient de la première à la dernière page. Si le milieu dans lequel  évolue l'auteur  n'existe plus beaucoup, son écriture n'a pas pris une ride et ce qu'elle essaie de nous faire ressentir est intemporel. Un très beau livre à déguster au jardin sur une chaise longue.

lundi 10 mars 2014

L'homme qui marche - Yves Bichet

Présentation de l'éditeur :


Robert Coublevie marche sur la plus belle frontière du monde. Sa femme l'a quitté et il arpente ces hauts lieux où il croise des fleurs par milliers, des bêtes sauvages et libres, parfois un marcheur qui lui ressemble. Malgré tout, de temps à autre, il doit replonger dans le chaudron des villes... De nouveau confronté au tumulte, ne sachant que faire des tourments qu'il y découvre, Coublevie choisit d'en rire. La jeune Camille, elle, s'y débat comme un animal blessé, guettant les rumeurs du Café du Nord que tient son père. Elle a seize ans et dissimule de lourds secrets. Jusqu'où va-t-elle entraîner Coublevie ? Jusqu'à quel crime ? Veut-elle faire de lui le coupable idéal, le témoin complice ? Une chose est sûre : la traque a commencé. Yves Bichet, dans ce neuvième roman, dresse le portrait de personnages ardents et silencieux qui, debout sous les rafales, nous rappellent que la liberté est une folie joyeuse.

Mon avis :

Un homme qui se promène sans cesse sur un même itinéraire de montagne, il a tout abandonné après une déception amoureuse, mais revient régulièrement à Briançon ou il a ses habitudes, marcheur permanent, il nous décrit la montagne, son calme, ses odeurs, ses rencontres, la beauté permanente qui devrait  faire passer les maux de l'âme. A la ville dans le café qui est son repère habituel, une gamine aux lourds secrets qu'il essaie de comprendre et qui va l'entrainer  peu à peu dans son sillage.
Un livre dérangeant entre d'un coté la beauté de la nature,  qui peut permettre d'atteindre  une certaine paix, de l'autre les perversités de certains  que le personnage principal va peu à peu découvrir et qui vont l'entrainer ou il ne voulait plus aller. Mais en réalité voulait il vraiment rester ce qu'il était devenu ?
Ce récit se lit d'une traite, j'avançais dans le récit de plus en plus perplexe, et j'ai trouvé la fin dérangeante même si cet homme semble y avoir trouvé la paix. Mais peut être ai-je été simplement victime de mon éducation et de mes préjugés, à vous d'en juger.
Le style est très précis, clair, rend parfaitement la beauté de la montagne comme des âmes mais aussi la noirceur ce ces dernières. 
En conclusion un excellent livre qui peut déranger par une chute qui peut paraitre manquer de morale, mais n'est ce pas aussi un bon moyen de faire réfléchir ?

Extraits :

 Nous avons déjà expérimenté tant de choses... Le désir nous a dressés l'un vers l'autre, puis éconduits en quelque sorte. Nous avons développé une amitié si sensuelle et si abrasive que, même sans jamais nous toucher, nous sommes devenus esclaves. Cet élan n'en était pas un. Maintenant il nous rive. C'est la part du banal et la part du vertige. Je crois qu'embrasser en imagination empêche d'étreindre à jamais.

La joie, c'est différent Coublevie. la joie échappe aux souvenirs, elle est furtive. Elle est flou. Elle arrive comme par enchantement. Un regard, une caresse sur un bout de tissu, un parfum... Elle surgit à l'improviste et s'impose comme ça lui chante. Elle enfle d'un coup et puis explose et se désagrège. Après ça, plus rien. Une frustration, un dépit mais plus vraiment de trace. On ne garde pas souvenir de la joie. C'est trop volatil et imprécis. Un vrai truc de myope.

mercredi 27 novembre 2013

Un jour à la plage - Bernardo Carvalho

Présentation de l'éditeur :

Il y a bien des manières de raconter une histoire. L'une d'entre elles est sans paroles, en silence, à peine bercée par le bruit des vagues. Dans ce livre, les illustrations accompagnent les gestes ordinaires d'une journée à la plage qui s'achèvera de façon complètement inattendue ...




Mon avis :

Un album sans paroles, très coloré. Un  homme s'installe sur la plage et … réutilise tous les déchets qu'il retrouve et ils sont abondants pour … mais chut, c'est une surprise. Une petite fable écologique  très agréable pour faire parler les enfants, ou simplement les faire rêver, la technique utilisée pour les illustrations est très simple et donne un résultat très agréable. Mon esprit d'enseignant me fait penser à de multiples possibilités d'exploitation de cet album avec des enfants, mais laissons nous juste emporter par l' (les) histoire(s) que nous conte cet album, il est déjà assez riche par lui-même.

lundi 21 octobre 2013

L'homme de Marmara - Olivier Bass

Présentation de l'éditeur :


Lorsqu'ils retrouvent la Mare Nostrum après cinq mois d un périple autour du monde, les marins du Cévennes ont le sentiment de se rapprocher enfin de leurs foyers. Hélas, le navire est dérouté vers Istanbul où il doit impérativement faire escale. Au même moment, loin du Cévennes qui poursuit sa course dans la mer Égée, à deux cents milles nautiques par-delà les montagnes qui marquent la frontière entre la Grèce et la Turquie, un homme seul, au large de toute terre, se bat désespérément contre la noyade dans la mer de Marmara. Ce dernier sera repêché et caché à bord du cargo français. Et tandis que ses souvenirs referont peu à peu surface, l'équipage du Cévennes tentera de percer le mystère de son histoire.

Mon avis :
 
L'équipage du Cévennes est de retour d'un périple de cinq mois autour du monde, quand arrivant en Méditerranée, ils sont déroutés vers Istanbul. Arrivés en mer de Marmara, ils recueillent un homme accroché à des branchages flottants. Une fois à bord celui-ci sombre dans l'inconscience. Le récit se découpe en deux parties entremêlées, d'une part l'homme inconscient qui se rappelle sa vie, d'autre part l'escale du navire à Istanbul secoué par des évènements politiques. C'est au gré des visites de la ville, des rencontres et de leurs découvertes que l'on voit les membres de l'équipage peu à peu comprendre  qui est cet homme. L'auteur en profite pour nous faire découvrir de façon très documentée d'une part le fonctionnement d'un navire marchand et d'autre part Istanbul.

L'intrigue est construite toute en douceur, on entre peu à peu dans l'histoire des principaux protagonistes et l'histoire avance agréablement, bien menée d'un bout à l'autre je m'y suis vite laissé prendre . La découverte d'Istanbul comme de la vie sur le navire est passionnante aussi.

Si le style de l'auteur m'a donné au début une impression très mitigée , les dialogues me paraissant peu naturels,  très vite il  m'est devenu familier, il me fallait un temps d'adaptation . Malgré mes hésitations du début, j'ai passé un excellent moment, je n'ai pu m'arrêter avant de l'avoir terminé. C'est pour moi un très bon livre.

vendredi 12 juillet 2013

Attention ! Nic Sirkis

Présentation de l'éditeur :


Le 17 février 2011, Yann Orion, steward chez Air France, prend sa préretraite.
Période de retour sur soi qui réveille les cicatrices et les joies enfouies depuis l’enfance, sous le regard attentif et bienveillant de Guevara, le chat roux qui se charge de ramener son maître à la réalité. Il va réorganiser sa vie et quitter sa maison riche de précieux souvenirs, pour prendre un nouveau départ…
Un article découvert dans les pages du Canard Enchaîné, signalant la sortie d’un livre sur Van Gogh son peintre préféré, va bousculer l’existence de Yann Orion et l’entraîner en de rocambolesques aventures dans un jeu de l’oie parisien.
Au cours d’épisodes pleins d’humour, de tendresse, de suspense et d’effroi, Y. O. affrontera l’alter étrangère, « Insaisissable entre-deux », et, dans un récit en abyme, véritable work in progress, découvrira les affres de la création.

Mon Avis : 

Yann se retrouve en pré-retraite, un peu désorienté par toute cette liberté nouvelle, on le suit pendant toute une année de rencontres en projets jusqu'à l'apparition d'une  "double " de lui-même qui l'accompagnera  dans un jeu de cache cache jusqu'à l'accomplissement de sa propre œuvre écrite … mais tout est il aussi simple ?

J'ai beaucoup aimé ce roman, il ne semble pas se passer grand-chose pendant une bonne moitié et pourtant l'écriture nous accroche, on est emmené avec Yann dans de belles balades au cœur de Paris, il nous entraine peu à peu dans ses projets, et c'est dans la seconde partie que l'on arrive dans un jeu de cache-cache dont le lecteur devra trouver lui-même la solution, alors est on dans le fantastique ou dans quelque chose de beaucoup plus terre à terre, l'auteur ne nous dévoile rien, à nous d'imaginer la solution.

L'écriture de Nic Sirkis est très agréable, on est placé dans la vie quotidienne avec les actualités de cette année 2011 2012 en France, c'est aussi un bel hommage à l'amitié. Clin d'œil supplémentaire aux lecteurs qu'un chat surveille, ils pourraient bien se reconnaitre dans les relations entre Yann et Guevara, son chat roux.

Un très bon roman à lire d'une traite.

samedi 30 mars 2013

Anne Sylvestre : "Et elle chante encore ?" - Daniel Pantchenko

Présentation de l'éditeur :


Née à Lyon en 1934, Anne-Marie Beugras, future Anne Sylvestre, passe son enfance dans la banlieue lyonnaise. En 1944, la famille se réfugie chez un oncle à Suresnes. Adjoint de Doriot, le leader du PPF, parti collaborationniste, Albert Beugras, le père d'Anne, s'enfuit en Allemagne. Arrêté, il échappera à la peine capitale mais passera plus de huit ans en prison. En 1974, sous le nom de Marie Chaix, la sœur d'Anne racontera son histoire dans Les lauriers du Lac de Constance. Anne Sylvestre se lance dans la chanson en novembre 1957 au cabaret La Colombe. De 1961 à 1967, elle enregistre six albums, récolte plusieurs Prix, passe à l'Olympia avec Gilbert Bécaud, à Bobino avec Jean-Claude Pascal et Félix Leclerc. La qualité de ses textes lui vaut d'être comparée à Brassens. Parallèlement, elle commence très vite à écrire des chansons pour enfants, domaine dans lequel elle fait figure de véritable pionnière avec ses fameuses Fabulettes. Dès 1973, Anne Sylvestre est également l'une des premières à autoproduire ses disques et ses spectacles. Cette indépendance lui permet d'écrire des chansons engagées, en particulier sur le thème de l'émancipation des femmes. Elle s'est ainsi attaché un public fidèle qui la suit depuis longtemps. En février 2013, à 78 ans, elle sera à nouveau à l'affiche d'une grande salle parisienne pour la sortie de son 22e album... Après s'être toujours opposée à toute biographie, la chanteuse a finalement accepté d'y participer et d'aborder pour la première fois de façon directe certains aspects de sa vie privée qui constituent autant de clés pour mieux apprécier ses chansons.

Mon avis :

Daniel Pantchenko, dans ce livre superbement documenté, nous offre  une très belle biographie d'Anne Sylvestre. C'est un parcours complet, depuis son enfance jusqu'en 2012, toute la vie et les plus de cinquante ans de  carrière d'Anne nous sont retracées. On retrouve tous ceux qui à différents moments l'ont côtoyée, Un grand nombre de ses chansons sont décryptées.   Pour moi qui depuis l'adolescence ait suivi sa carrière, d'abord avec ses chansons pour adultes puis avec ses chansons pour les enfants, découvertes pour mes élèves, puis pour mes propres enfants, c'est un document extraordinaire, qui permet d'aller plus loin sur l'histoire des chansons. En effet, si elles nous apparaissent universelles, elles  ont toutes une histoire que ce livre nous permet de découvrir ou redécouvrir. On découvre aussi les difficultés pour un artiste de mener sa carrière, et en particulier pour Anne qui  n'a jamais fait de concession et a poursuivi obstinément son bonhomme de chemin.
Daniel Pantchenko a fait un travail remarquable et réunit comme à son habitude une documentation précise et abondante pour notre plus grand plaisir, son style est clair, le livre malgré les 475 pages se lit très facilement. Un seul problème avec toutes les références données dans ce livre, ma "pile à lire" n'est pas prête de diminuer.
Un livre à lire absolument si on s'intéresse à la chanson (là c'est obligatoire) et si on ne s'y intéresse pas  c'est tout aussi passionnant.

Quelques extraits :

Elle constatait que si  un lac ne parle pas, il réfléchit, il réfléchit tout ce qui borde ses rives et tout ce qui le survole ; et quand on a appris à traduire ces réflexions, on découvre qu'il est capable d'absorber celles des humains et de les leur  retourner en "langue de l'eau", exactement comme un miroir. Et de plus en plus pollué.

Un jour, maman m'a ouvert un compte à la librairie ; j'y allais quand j'en avais envie, je prenais les livres que je voulais, et à la fin du mois elle allait régler. Déjà, on avait de bonnes subventions culturelles ! J'avais entre quinze et vingt ans, c'était vraiment chouette !

vendredi 22 mars 2013

Les constellation passaient au-dessus des grands arbres - Nicolas Dariel

Présentation de l'éditeur :


A l'occasion d'une exposition de peinture dans un village de l'arrière-pays niçois, Victor se remémore un détail très ancien qui va déclencher l'engrenage de toute une aventure. Plusieurs toiles non répertoriées, peintes par son aïeule, Marie Lanoa, dans les années 14 - 18, ont été bel et bien dispersées sur le marché de l'art. Cet événement ravive les sentiments et les souvenirs de Victor. Il imagine la vie de cette artiste et celle de son époux pendant ces années de guerre et de séparation... S'ensuit la rencontre de deux personnages, Victor et Paul, un journaliste, qui vont s'entretenir à maintes reprises pour tenter de faire revivre cette artiste hors du commun, ainsi que le destin de quelques tableaux... Deux personnages qui vont, tout au long d'une enquête pour le moins rocambolesque, nous faire découvrir une bien étrange relation et au fond, toute leur complémentarité.

Mon avis :

Victor, la soixantaine, installé dans son manoir fait revivre ses grands parents disparus. Il remue les souvenirs avec l'aide de son cousin Charles et écrit un livre sur leur vie durant la guerre de 1914-1918. Apparait ensuite Paul, un journaliste qui l'emmène sur les traces des femmes artistes de la fin du 19ème et du 20ème siècle, c'est avec lui que Victor part sur les traces de tableaux inconnus de Marie Lanoa, sa grand-mère, qui les mèneront jusque dans un New York de série policière qui nous conduira, nous les lecteurs, à des conclusions incertaines.

Si on prend ce livre comme une enquête sur l'œuvre d'une artiste peu connue bien que majeure dans son époque, on peut être déçu par l'intrigue, ce n'est pas ce que j'en retiendrai, plus important et évocateur me semblent être les relations de Victor avec son passé, son cousin Charles, et Paul ce journaliste si différent de lui, mais qu'il voit peu à peu dans sa sensibilité et son histoire et qu'il découvre complémentaire. Les considérations dans le courant du livre sur les femmes artistes de la fin du 19ème siècle et du début du 20ème siècle sont également très intéressantes.

Le style d'écriture de Nicolas Dariel m'a un peu dérouté au début du roman, mais il m'a peu à peu apprivoisé et  j'ai quitté ce roman à regret, ce qui est tout de même un très bon signe.

Une lecture très agréable qui donne envie de suivre cet auteur.

Quelques extraits :

C'est une exubérante liberté qui guidait sa main,  le crayon mêlé à la couleur, la couleur débordant allègrement les contours, les blancs, la toile laissée nue par endroits pour mieux opposer les champs de couleurs, le tout composé comme des semblants d'improvisations pour la mettre définitivement en place au cœur de ces aventuriers du fauvisme qui empruntaient à l'époque des méandres secrets reliant le monde de l'inconscient à la réalité  palpable et visible du temps présent, combinaisons audacieuses prises dans le piège de la toile.

La peinture, c'est un moyen de locomotion pour faire le tour du monde autour d'une pomme, dixit Cézanne, un luxe sublime de l'esprit débouchant sur une poésie soudain lue dans son ensemble, un seul bloc dans lequel le début et la fin se confondent.

Oui, ils sont dans des mondes différents, mais sa seule présence aide Victor à préciser ses propres idées. Une conversation qui tourne en deux monologues n'est pas forcément stérile. L'évidence des rouages vient  par surprise. On comprend après coup, si la patience est de la partie.

Une ville sans eau n' a pas de cœur. … 
Là où il ya de l'eau, quelle qu'elle soit, rivière ou mer, on ne se sent pas prisonnier, on n'est jamais seul.